La crise provoquée par les propos de l’évêque négationniste Williamson «est terminée»

24 Feb 2009
24 Feb 2009 Facebook Twitter Email

24 Heures, Switzerland

By Philippe Dumartheray

La crise provoquée par les propos de l’évêque négationniste Williamson «est terminée». C’est en ces termes que le rabbin Schneier, venu à la tête d’une délégation d’organisations juives américaines, a conclu la réunion qu’il a eue, hier, avec Benoît XVI au Vatican. Auparavant, le pape avait tenu des propos de nature à faciliter ces retrouvailles en faisant notamment «sienne» la demande de pardon formulée en l’an 2000 par Jean-Paul II. Avant d’ajouter: «L’Holocauste est un crime contre Dieu et le négationnisme est intolérable et inacceptable. L’Eglise catholique est… irrévocablement engagée dans le rejet de tout antisémitisme. »

Benoît XVI a ainsi voulu tourner une page peu glorieuse pour le Vatican, qui avait manqué de réaction à la suite des propos tenus par l’évêque intégriste dont l’excommunication venait d’être levée.

Du côté de la communauté juive, cette affaire, ramenée à «un fiasco administratif», est bien close. Les discussions théologiques, suspendues à la suite de cette affaire, vont reprendre dès le 12 mars prochain. Et le pape a pu annoncer qu’il se rendrait en Israël en mai.

Remous en Allemagne

Reste que la communauté juive semble s’être montrée conciliante. Le 9 février dernier, le président du Congrès juif mondial, Ronald Lauder, n’avait-il pas précisé: «Nous voulons que le Vatican comprenne qu’en abritant des antisémites comme Williamson, il met en doute les aboutissements de quatre décennies de dialogue entre juifs et catholiques. »

Or, pour l’heure, l’évêque Williamson est juste sommé de se rétracter. Une attitude qui continue de susciter des remous au sein de l’Eglise catholique. Notamment en Allemagne et en Autriche. Le président de la Conférence des évêques allemands a ainsi demandé l’exclusion de Mgr Williamson des rangs de l’Eglise. Quant à l’archevêque de Salzbourg, il a accusé le Vatican de vouloir ramener l’Eglise au rang d’une «secte». En l’occurrence, il ne parlait certes pas de l’affaire Williamson, mais bien des manœuvres de Rome pour faire pencher l’Eglise autrichienne du côté des ultraconservateurs. Dans ce contexte, la réunion qui a eu lieu hier au Vatican ne résout pas tous les problèmes. Si Benoît XVI a trouvé les mots pour se réconcilier avec le monde juif, il lui reste encore à redonner un peu de sérénité à son Eglise.